Tidjane Thiam réélu à la tête du PDCI malgré les obstacles à sa candidature présidentielle
Tidjane Thiam a été confortablement réélu président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal parti d’opposition ivoirien, avec un score de 99,77% des voix. Cette élection, qui s’est tenue mercredi, fait suite à sa démission stratégique de ce même poste deux jours auparavant, une manœuvre destinée à anticiper une décision de justice qui menaçait d’invalider sa précédente élection de décembre 2023.
Cependant, cette réélection ne résout pas la question cruciale de son éligibilité à la prochaine élection présidentielle, prévue pour le 25 octobre. M. Thiam figure parmi les opposants au président Alassane Ouattara qui ont été radiés des listes électorales et se trouvent donc exclus du scrutin. Cette radiation est principalement due à sa possession antérieure de la nationalité française, une situation qui, selon la justice ivoirienne, entraînait la perte de sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur les listes en 2022.
Bien qu’il ait renoncé à sa nationalité française en mars 2024, recouvrant ainsi sa nationalité ivoirienne selon les autorités, il demeure radié des listes électorales, et aucune révision de celles-ci n’est prévue avant le scrutin présidentiel.
Malgré cet obstacle majeur, le PDCI affiche une détermination sans faille. « Nous sommes venus réitérer notre soutien à Tidjane Thiam, nous avons la conviction qu’il sera candidat, et qu’il sera élu en 2025. Il n’y a pas de plan B », a déclaré une militante lors du congrès. Le parti dénonce un « système de harcèlement » et une « instrumentalisation de l’appareil judiciaire » à l’encontre de son président.
De leur côté, les autorités ivoiriennes réfutent toute ingérence politique dans le processus électoral, insistant sur l’indépendance de la justice.
La prochaine élection présidentielle s’annonce complexe, avec plusieurs figures de l’opposition, dont l’ancien président Laurent Gbagbo, son ancien collaborateur Charles Blé Goudé, et l’ancien chef rebelle Guillaume Soro, également absentes des listes électorales pour diverses raisons judiciaires. Parallèlement, Jean-Louis Billon, un membre dissident du PDCI, s’est lancé dans la course en tant que candidat indépendant. Quant au président sortant, Alassane Ouattara, il n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, mais a exprimé son désir de continuer à servir le pays.








