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Politique Fichier électoral : La mention du handicap inquiète

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Lorsqu’une personne qui s’inscrit sur la liste électorale a un handicap moteur, le fichier doit le signaler. Une nouveauté qui inquiète et indigne au Sénégal. Dans un communiqué, l’Association sénégalaise des utilisateurs des Tic trouve la mesure discriminatoire dans l’immédiat et dangereuse pour l’équilibre de la société dans l’avenir.
 
A l’article 38 du code électoral de juillet 2021, il est prévu, en plus du nom, du prénom, de la date et lieu de naissance… de « signaler si l’électeur vit avec un handicap moteur.­» Une éventualité qui révolte l’Asutic qui redoute surtout le profilage des électeurs.  
 
« Le Sénégal est ainsi le seul pays au monde qui se qualifie de démocratie ou des renseignements qui peuvent être utilisés pour profiler spécifiquement certains électeurs figurent dans le fichier électoral », dénonce l’Asutic.
 
De l’avis de Ndiaga Guèye et Cie, rien ne justifie la précision d’un handicap de l’électeur sur le fichier électoral. Pas même l’argument de l’inclusion. Au contraire, l’Asutic trouve qu’il s’agit d’un traitement discriminatoire au bénéfice des politiciens. D’après l’Asutic, de telles informations, avec l’aide d’autres outils informatiques, permettent aux candidats d’affiner la cible et de mieux adapter le message.  
 
« L’analyse de l’état d’handicap de l’électeur, en relation avec sa profession et sa résidence permet effectivement de déterminer sa situation de vulnérabilité, ainsi, il est possible de le cibler par une propagande politique sur mesure, à la carte par du porte à porte pour mettre en œuvre un plan qui pourrait permettre d’obtenir son vote », craint l’Asutic.
 
Mais au-delà des handicapés, c’est toute la société qui court un danger, si l’on se fie à l’association. Ndiaga Guèye et ses camarades redoutent surtout que, pour satisfaire les politiques, la collecte de données personnelles aboutisse à des considérations telles que le groupe ethnique, la religion, la confrérie… « A terme, le risque est de constater la création d’un fichier électoral «­génocidaire» juste pour pouvoir gagner une élection ».
 
L’exemple de l’Allemagne est là, dit-il. Quand il était question de déterminer la race, on était loin de penser, souligne le communiqué, que le fichier serait entre les mains d’un certain Adolf Hitler. Ainsi, l’Asutic se demande ce qu’en pense la Commission de Protection des Données Personnelles du Sénégal (CDP).
 
Dans tous les cas, l’Association reste foncièrement convaincue que c’est un précédent dangereux qu’il faut arrêter.  
       

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