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Législatives 2022 : Les enseignements à tirer du scrutin ! (Par Abdou Fall)

Législatives 2022 : Les enseignements à tirer du scrutin ! (Par Abdou Fall)

Législatives 2022 : Les enseignements à tirer du scrutin ! (Par Abdou Fall)

Ce dimanche 31 juillet 2022 les sénégalais se sont rendus aux urnes pour élire les députés de la 14 ème législature.
Mais, ce scrutin avait l’air d’un référendum vu dans le contexte qu’il s’est déroulé.
En effet, après le vote de ce dimanche, la coalition Benno Bokk Yaakar et l’inter coalition Yewwi Wallu, chacun crie victoire de son côté. C’est inédit dans l’histoire du Sénégal d’aborder la possibilité d’une cohabitation, c’est-à-dire que c’est l’opposition qui aura la majorité au sein de l’hémicycle.
Mais, nous n’en sommes pas encore là. Et on attend avec impatience les résultats des différentes structures chargées de la collecte et la publication des résultats.
Ainsi, il serait très judicieux de tirer les enseignements du scrutin qui n’a pas encore révélé tous ses secrets.
Sur ce, la conjecture actuelle marquée par la guerre en Ukraine, la hausse des prix, la question du troisième mandat, la question de l’homosexualité, la justice, l’emploi et la jeunesse….sont autant d’éléments qui ont terni les réalisations du Président Sall.

La conjecture Ukrainienne : Un frein pour l’essor économique
Il ne faut cesser de le rappeler, la crise Ukrainienne est frein pour notre économie et ceux des pays sous-développés. Depuis le début du conflit, les prix du baril du pétrole ont connu une hausse vertigineuse. Ce qui entraine ipso facto, une hausse des tarifs du fret qui va aussi inéluctablement impacter sur les produits importés. L’autre aspect demeure le blé où 65% des pays africains dépendent de la Russie et de l’Ukraine pour leur approvisionnement de cette céréale bien prisée. Dans la foulée, l’Union Africaine avait délégué, le Président en exercice, Macky Sall à discuter avec Vladimir Poutine et Zelenski pour libérer les tonnes de blé qui dorment dans le port d’Odessa.

Hausse injustifiée des prix : le ministère du commerce au banc des accusés
En outre, la crise ukrainienne aussi a bon dos car certains commerçants véreux en ont profité pour augmenter les prix des denrées de première de nécessité. La fête de la Tabaski en est un parfait exemple. Le goorgoolu ne savait plus où donner de la tête à cause de cette hausse.
Et, malheureusement, l’Etat, avec à sa tête les services de commerce ont laissé les consommateurs à la merci des commerçants véreux qui n’ont aucun scrupule. D’ailleurs, les associations de consommateurs à l’image de l’Ascosen et de SOS Consommateurs ont aussi brillé par leurs absences.
Ces hausses injustifiées relèvent à bien des égards à une faillite des services de contrôle économique. De ce fait, le ministre du commerce en a une grande responsabilité. Un Etat doit être fort en toute circonstance sinon, c’est le règne de l’anarchie.

Le 3ème mandat : une aubaine pour l’opposition

Ce chapitre de la vie chère fermée, l’autre aspect qui a couté cher à BBY, c’est la question du 3ème mandat.
« Le Ni oui ni Non » du président Macky Sall est une aubaine pour l’opposition qui a aussi campé le décor sur cette problématique.
Par ailleurs, il faut souligner que les sénégalais ont horreur du 3ème mandat, la jurisprudence du Président Abdoulaye Wade est encore fraiche dans nos mémoires. Nous ayant promis d’aborder la question après les Législatives, le Président doit boucler cette affaire une bonne fois pour tout pour que les sénégalais soit édifiés. Idem pour le Conseil Constitutionnel qui devra s’y prononcer au moment opportun.
Homosexualité : l’autre sujet qui pourrait faire tache d’huile

Après cette question du 3ème mandat, l’autre sujet qui pourrait faire tache d’huile est le problème de l’homosexualité.
En effet, à l’image de And Samm Jikko Yi, beaucoup d’opposants accusent le pouvoir de promouvoir l’homosexualité. L’exemple qu’ils donnent est le refus des parlementaires de BBY à voter la loi criminalisant l’homosexualité. Ainsi, malgré les nombreuses dénégations du Président Macky Sall promettant que l’homosexualité ne sera jamais légalisée dans le pays. Une certaine opposition en a fait leur cheval de campagne. Ceci pourrait expliquer la bérézina du pouvoir dans beaucoup de milieux religieux.
La justice : Le Mur des Lamentations des opposants

Dans la foulée, cette question permet de faire une jonction vers la justice.
Un sujet dont les pourfendeurs du régime ne cessent de déplorer. Les opposants dans leurs diatribes ont toujours dénoncé une justice sélective ou à deux vitesses. En effet, beaucoup parmi eux se sont offusqués l’exil de Karim et la déchéance de Khalifa Sall qui a tout perdu. Selon eux, la meilleure manière de réparer ces préjudices est une loi d’amnistie en leur faveur. De même, d’autres acteurs non politiques suggère pour une indépendance totale de la justice que le Président de la république ne devrait plus présider le conseil supérieur de la magistrature. Sur ce, notre pays pourra s’inspirer des régimes anglo-saxons à l’image du Check and Balance aux USA, c’est ce que Montesquieu préconisait comme étant la séparation des pouvoirs.

L’emploi des jeunes : le principal chantier qui attend le Président Macky Sall
Enfin, last but not least, le principal chantier qui attend le Président Macky Sall lors de ses dernières années de règne demeure la question de l’emploi des jeunes.
« La question de la jeunesse est une bombe à retardement », disait l’autre. Selon les dernières statistiques plus de la 70 % de la population sénégalaise a moins de 35 ans. Ceci est un atout si on sait bien l’utiliser sinon il devient un handicap. Dans cette optique, les défis sont énormes car chaque année, des milliers de jeunes frappent aux portes de l’emploi. Malheureusement sans qualification professionnelle, ces jeunes sont laissés en rade. De ce fait, le gouvernement devrait rendre plus opérationnel toutes les structures dédiées aux jeunes à l’image de l’Anpej, 3FPT, le Fongip, la Der….
Et, pourquoi pas augmenter les fonds concernant le programme Xeyu Ndaw Ni qui est à 150 milliards par an sur les 3 ans à venir. Mais, le hic demeure le manque d’information pour les jeunes par rapport à ces structures dédiées à eux.
En somme, le prochain Premier ministre aura du pain sur la planche pour redresser un pays en pleine résilience car ayant subi de plein fouet les chocs exogènes et endogènes de la crise post Covid et de la guerre en Ukraine.

Abdou Fall, journaliste communicant
lordfal13@gmail.com

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