Homosexualité et hypocrisie au Sénégal, par Mamadou Sy Tounkara
De 2019 à 2024, le parti Pastef s’était ligué avec des religieux (Uztaz, imams, prédicateurs) sur un thème de campagne manipulateur : « Macky Sall porte un agenda homosexuel au Sénégal, il faut criminaliser l’homosexualité dans notre pays, ce sera la première loi votée dès notre accession au pouvoir ».
Or, Macky Sall avait tenu un discours diamétralement opposé : « jamais l’homosexualité ne sera légalisée au Sénégal tant que je serai président ». Il a tenu parole. Il a tenu tête aux plus grands de ce monde, Barack Obama, Justin Trudeau, François Hollande, Nicholas Sarkozy, entre autres.
Pour parfaire leur diabolisation, les chefs religieux ont été visités, des khutbas prononcés, des prêches lancées, des marches organisées, des meetings tenus, des malédictions jetées.
Maintenant que Pastef s’est hissé au pouvoir, cette loi criminalisant l’homosexualité n’a point vu le jour et le « phénomène est toléré », selon le Premier ministre devant Jean-Luc Mélenchon, qui se vante d’être le premier législateur à déposer une proposition de loi pour sa légalisation en France. Pire, les plus grands homosexuels du monde ont lancé une offensive sur le Sénégal et s’y donnent rendez-vous en grande pompe. Silence radio du côté des religieux, silence radio du parti Pastef.
Un bâtiment de cinq étages s’est effondré alors que huit homosexuels y logeaient en villégiature. Silence radio des religieux. Silence radio du parti Pastef. Imaginez un seul instant si Macky Sall avait été toujours au pouvoir : les religieux se seraient totalement déchaînés.
Une grande mobilisation citoyenne s’est tenue pour rappeler au parti Pastef sa promesse de criminalisation de l’homosexualité, avec comme grands absents le parti Pastef et ces mêmes religieux.
Des propositions de loi ont été adressées à des députés Pastef, qui ont 130 législateurs sur les 165 de l’Assemblée nationale, sans aucune réaction ; même silence du côté du président de l’Assemblée nationale, un responsable Pastef. Le président de la République ne s’exprime pas sur le sujet, non plus.
Les religieux ont-ils été manipulés dans une course pour le pouvoir du parti Pastef ou ont-ils fait preuve d’hypocrisie en ne dénonçant plus ni ne condamnant publiquement l’homosexualité, encore moins mettant la moindre pression sur leur champion Pastef pour tenir sa promesse électorale de criminalisation ?
Il est vrai que, désormais, avec le pouvoir Pastef, « le phénomène est toléré ».
Dieu saura reconnaître les Siens.








