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« Gilets jaunes » : 41 500 manifestants en France, dont 5 000 à Paris, selon l’intérieur

Quelque 41 500 « gilets jaunes » ont manifesté, samedi 16 février, en France, dont 5 000 à Paris, selon le ministère de l’intérieur. Selon les chiffres officiels, contestés par les « gilets jaunes », la mobilisation pour l’acte XIV était en baisse par rapport à la semaine précédente : ils étaient 51 400, dont 4 000 à Paris, la semaine précédente, selon le ministère de l’intérieur.

Pour cet acte XIV, les intentions du mouvement ont rarement été aussi peu lisibles à l’issue d’une semaine où deux « gilets jaunes » emblématiques, le chauffeur routier Eric Drouet et l’ex-boxeur Christophe Dettinger, ont été jugés à Paris.

Dans la capitale, traditionnelle place forte de la contestation, un cortège de plusieurs milliers de personnes qui s’étaient retrouvées place de l’Etoile a descendu les Champs-Elysées avant de traverser la Seine en direction du boulevard des Invalides. Sous un grand soleil, les manifestants défilaient dans le calme sur fond de slogans hostiles adressés aux forces de l’ordre encadrant le cortège.

Après de brefs face-à-face aux abords de l’esplanade des Invalides avec les forces de l’ordre, les « gilets jaunes » se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée. Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées à Paris même si les tensions semblaient moindres que lors de l’acte 13. Un manifestant avait alors eu la main arrachée lors de heurts devant l’Assemblée nationale.

Différents appels parisiens coexistaient sur les réseaux sociaux, avec des mots d’ordre divers. L’un appelait à des « insurrections » et à « bloquer la place de l’Etoile le plus longtemps possible » mais le plus suivi donnait, lui, rendez-vous dimanche sur l’artère parisienne, trois mois jour pour jour après le début du mouvement, pour une manifestation « déclarée et pacifique ».

La mobilisation parisienne a toutefois connu un bref moment de tension quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut et l’insulté.

Incident à Rouen
Une voiture bloquée par le cortège des « gilets jaunes » a bousculé quatre personnes qui ont été prises en charge par les pompiers. De source policière, le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, s’est retrouvé au cœur de la manifestation et des manifestants s’en sont pris au véhicule, montant dessus et jetant des projectiles. Le conducteur a pris peur. Il a quitté les lieux avant de se présenter au commissariat, selon la même source.

« Retour aux sources »

A Lyon, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés dès le début de l’après-midi dans le centre de Lyon, une mobilisation globalement similaire à celles des week-ends précédents. En fin d’après-midi, des « gilets jaunes » ont bloqué le trafic sur l’autoroute A7 à la sortie sud de Lyon, pendant deux heures, provoquant des difficultés de circulation en ce week-end de chassé-croisé sur les routes. Au niveau du Musée des Confluences, les pompiers sont intervenus pour éteindre un feu allumé sur l’une des contre-allées de l’autoroute.

A Bordeaux, un cortège de plusieurs milliers de personnes a emprunté les rues des quartiers cossus où des tags proclamaient notamment « mort aux riches ». Au bout de l’itinéraire, des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. La mobilisation a réuni 5 000 personnes dans la ville, selon une source policière.

Plusieurs milliers de « gilets jaunes » ont manifesté à Toulouse, un des bastions du mouvement, derrière des pancartes comme « Fâché mais pas facho » ou encore « Dinosaures capitalistes, tremblez, le monde va changer », a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). « Seule la mort nous arrêtera », proclamait une banderole en tête de manifestation. Des échauffourées entre individus et forces de l’ordre éclatent chaque samedi en fin de manifestation, avec de nombreuses dégradations dans le centre, notamment des agences bancaires et immobilières.

En Occitanie, mais aussi dans l’Est, plusieurs groupes appelaient eux à fêter les trois mois du mouvement par un « retour aux sources », avec des rassemblements sur les ronds-points samedi dès le matin. En Meurthe-et-Moselle, des « gilets jaunes » étaient, ainsi, de retour sur les ronds-points, notamment à Pont-à-Mousson, Lunéville ou Essey-lès-Nancy. « Aucun blocage, ni filtrage, ne sera toléré », a toutefois fait savoir la préfecture.

Plus d’un millier de « gilets jaunes » ont manifesté samedi dans les rues de Lille, a constaté l’AFP. Rassemblés place de la République, les manifestants se sont élancés dans les rues de la capitale des Flandres peu avant 14 h 30 aux cris de « Macron démission ».

Permanence parlementaire saccagée
La permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau (LRM) a été prise pour cible samedi après-midi au cours d’une manifestation de « gilets jaunes » au Mans. Sur Twitter, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le « saccage ».

A Strasbourg, cent dix « gilets jaunes » participaient à l’unique rassemblement prévu samedi matin, selon la police. Des rassemblements sont également attendus samedi dans d’autres métropoles, Marseille, Nantes, et plusieurs autres villes : Nice, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Thionville, Rouen, Pontivy, Alençon, Reims, Boulogne-sur-Mer…

Les figures du mouvement se font discrètes
Les figures historiques du mouvement sont elles-mêmes plutôt discrètes sur leurs intentions, notamment Eric Drouet, contre qui le parquet de Paris a requis vendredi un mois de prison avec sursis pour « organisation de rassemblements non autorisés ».

Après trois mois de contestation, le soutien aux « gilets jaunes » s’effrite dans l’opinion. Pour la première fois depuis novembre, une majorité de Français (56 %) souhaitent que la mobilisation s’arrête selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

lemonde.fr

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