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Diffusion de propos haineux : Le Synpics corrige les professionnels des médias

Les professionnels des médias s’y mettent. Et ce n’est pas seulement pour condamner les propos de Gaston Mbengue à l’encontre de Barthélémy Dias, dimanche dernier, lors d’une émission sur une chaîne privée (Ndlr : Walfadjiri) diffusée en différé. Ils ont aussi recadré les journalistes.
 
«La liberté de la presse s’accompagne d’une responsabilité certaine et il appartient, le cas échéant, aux managers des rédactions et aux chargés de programme de jouer pleinement leur rôle et de les assumer. Fidèle à sa ligne de défendre les journalistes, notamment leur droit à une liberté assumée liée à leur métier, le Synpics en appelle cependant à la responsabilité individuelle de chacun pour préserver la paix sociale», a indiqué ledit syndicat dans un communiqué parcouru ce lundi 29 novembre.
 
«Aucune recherche d’audience ne saurait justifier que l’on mette en danger la stabilité de notre République»
 
Selon le secrétaire général Bamba Kassé, «aucune recherche d’audience ne saurait justifier que l’on mette en danger la stabilité de notre République». «D’autant que, fait-il remarquer, l’émission en question n’a pas été produite en directe et bien que la consœur, animatrice de l’émission, ait tenté de faire revenir l’invité à plus de sérénité, il n’en demeure pas moins que la décision de passer ces propos sans filtre et dans leur entièreté, est une violation flagrante de la loi».
 
Pis, «les mêmes propos abjects l’ont déjà été sur une autre chaine de télévision, dans le cadre d’une émission de Talk-Show».
 
Argumentant, le Bureau exécutif national (Ben) du Synpics souligne qu’au-delà de l’auteur des propos dont la responsabilité est engagée devant l’opinion publique et, le cas échéant, devant l’institution judiciaire, il s’agit, pour ce qui concerne les médias, d’un cas de récidive dans le non-respect du cadre légal.
 
«Le Code de la presse, qui interdit clairement à un journaliste ou à un média de se faire relais de tout type de propos à même de troubler gravement l’ordre public en promouvant la haine. Les médias sénégalais, surtout ceux managés par des professionnels ont des obligations vis-à-vis de la stabilité du pays», dit-il.
 
Avant d’avancer : «Des propos d’une violence inouïe et qui tendent à inciter à la haine, à la stigmatisation d’un groupe de personnes, d’une communauté ethnique, confessionnelle, ne doivent en aucune manière être relayés par les médias.»
 
Il est cependant malheureux de constater, d’après le Synpics, que souvent, des propos du même genre, tenus par des responsables politiques, sont béatement diffusés par des médias et/ou repris par d’autres. Se faisant, ces médias ne semblent, dans ces cas de figure, poursuivre qu’un seul but : augmenter ou consolider une audience, aux fins d’en tirer des subsides.
 
Ce que dit le Code de la presse
 
«Peu importe que cela heurte les consciences ou que cela mette en mal les fondements de notre nation, des médias sénégalais, dans des cas de plus en plus récurrents, ne font plus usage de la responsabilité du filtre ou de l’autocensure pour barrer les propos haineux. Le Synpics rappelle que sa mission de défense de la liberté de presse ne saurait s’accommoder des écarts qui contreviennent au cadre légal d’exercice de cette liberté au Sénégal», affirme-t-il.
 
Et de renseigner : «Les articles 18 et 57 du Code de la presse du Sénégal interdisent formellement que les journalistes ou les entreprises de presse se transforment en promoteurs de la haine ou d’une quelconque stigmatisation. Ainsi, l’article 57, qui s’adresse aux entreprises de presse, est clair : ‘’(…) Les entreprises de Presse et de la communication audiovisuelle doivent respecter l’ordre public en veillant notamment à ne pas diffuser des programmes ou messages de nature à inciter à la violence ou à la haine.’’».nt et de l’hygiène publique, Abdoulaye Sow.

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