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Affaire Pegasus : Emmanuel Macron espionné par le Maroc ?

Emmanuel Macron Pegasus

Affaire Pegasus : Emmanuel Macron espionné par le Maroc ?

Comme des journalistes français, le président fait partie des cibles espionnées via le logiciel Pegasus pour le compte de différents Etats, en l’occurrence par le Maroc, selon une enquete de plusieurs médias.

L’affaire Pegasus va-t-elle déclencher une crise diplomatique entre la France et le Maroc ? Après les révélations de plusieurs médias dont Le Monde, le Guardian et le Washington Post, affirmant notamment que le fondateur de MediapartEdwy Plenel figure parmi les plus de 180 journalistes espionnés à travers le monde via ce logiciel de la société israélienne NSO pour le compte du Maroc, l’organisation Forbidden Stories et 17 médias, dont franceinfo, assurent que le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, serait également concerné par cette affaire d’espionnage.

Un numéro d’Emmanuel Macron toujours utilisé

Selon les médias à l’origine de l’enquête, c’est en mars 2019 qu’une agence de renseignement marocaine, cliente de NSO, s’est servi du logiciel pour y entrer un numéro du président français. A partir de là, le logiciel permet d’avoir accès aux données du téléphone, les messages, les conversations et même, possiblement, la caméra et le micro. Pourtant, ce numéro avait fuité lors de la campagne de 2017, précise franceinfo, et néanmoins toujours utilisé par Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir.
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Le Monde, qui révèle également l’information, explique que le numéro d’Emmanuel Macron fait partie d’une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone consultée par l’organisation Forbidden Stories et Amnesty International. Selon les analyses menées par les différents médias et l’ONG, la présence d’un numéro dans cette liste signifie qu’un client de Pegasus s’y est intéressé et a envisagé une possible infection.
Toutefois, l’appareil du chef de l’Etat n’a pas été examiné, il n’est donc pas possible de savoir si oui ou non le logiciel a bien réussi à infecter le téléphone. Toutefois, la démarche, venant d’un pays “ami”, peut surprendre, voire pire.

Des numéros de l’entourage d’Emmanuel Macron également ciblés

Le Monde et franceinfo ajoutent par ailleurs que d’autres numéros de l’entourage du président sont également de potentielles cibles du logiciel espion. Parmi eux, des numéros de téléphone appartenant à Edouard Philippe, alors premier ministre, ainsi qu’à quatorze autres membres du gouvernement, mais aussi son conseiller Afrique, Franck Paris, dans le courant de l’année 2019, son ancien chef de la sécurité, Alexandre Benalla, dont le numéro a été sélectionné par Rabat après son départ de l’Elysée.

Des faits “très graves” s’ils sont avérés, selon l’Elysée

Du côté de l’Elysée, cité par Le Monde, on préfère attendre que que “toute la lumière (soit) faite sur ces révélations de presse. Certaines victimes françaises ont déjà annoncé qu’elles porteraient plainte, et donc des enquêtes judiciaires vont être lancées”. “Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves”, reconnaît toutefois l’Elysée.
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Le Premier ministre, Jean Castex, interrogé ce mardi à l’Assemblée nationale a répondu que les autorités avaient “ordonné des investigations qui n’ont pas abouti”. “C’est limite choquant, j’espère que les renseignements français n’apprennent pas les choses en lisant la presse. Cela donne l’impression qu’on a uniquement la face émergée de l’iceberg pour le moment”, a tonné de son côté le député La France insoumise Alexis Corbière, cité par Le Parisien, alors que son collègue Adrien Quatennens ainsi que d’autres députés et plusieurs hauts responsables de partis ont aussi été ciblés.

La société NSO dément

De son côté, la société sous les feux des projecteurs depuis les révélations de ce week-end, affirme dans un communiqué transmis aux médias du “Projet Pegasus” ce mardi, qu’Emmanuel Macron “n’a pas, et n’a jamais été, une cible ou n’a jamais été sélectionné comme une cible par des clients de NSO”.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête mardi pour examiner la plainte de journalistes visés par l’infiltration de téléphones pour le compte du Maroc, ce que Rabat conteste

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